L’Auditoire

Un peu d’histoire

Construit vers 1470, l’auditoire de justice de Saint-Pierre-sur-Orthe présente des caractéristiques semblables à celles d’un petit manoir rural.

Cour de justice seigneuriale jusqu’au XVIIe siècle, l’auditoire se transforme par la suite en deux auberges distinctes, reliées uniquement par une tourelle.

Abandonné depuis 1970, l’auditoire est menacé de destruction en 2004. L’association Les Amis du Patrimoine d’Erve et Orthe se mobilise pour sauvegarder l’édifice et le rachète en 2008. Aujourd’hui, le lieu est animé par de nombreuses activités tout au long de l’année.

Historique de l’Auditoire de justice

Orthe était une terre considérable et dix fiefs en dépendaient. La justice de la seigneurie d’Orthe comme toutes les justices seigneuriales comprenait dès le XIIIe siècle les deux degrés de juridiction : haute et basse justice auxquelles la moyenne justice ne se joindra qu’au XIVe siècle.

La haute justice se manifestait par l’installation de potences sur lesquelles les criminels étaient exécutés et restaient ensuite exposés pour l’exemple. La moyenne justice s’occupait de tous les délits qui n’entraînaient pas peine de mort et la basse justice était la justice foncière, elle s’occupait des droits dus au seigneur. Le fief des Eculorières avait à sa charge l’entretien des fourches patibulaires.

Les assises de fief des seigneuries des Bernuces et de Courtalliéru se déroulèrent ici aux XVe et XVIe siècles.
Les pleds et assises donnent au seigneur le droit de faire comparaître ses vassaux et censitaires, de leur faire reconnaître les devoirs auxquels ils sont astreints, de vérifier s’ils ont bien payé leurs cens, devoirs et droits de mutation et enfin de juger si leur aveu ou leur déclaration censive est satisfaisant, ou si il y a lieu de le réformer ou de le blâmer. Les assises permettent au seigneur de contrôler le régime féodal, de rappeler aux vassaux les exigences de ce système et de permettre la confection du papier terrier ou la réformation des fiefs.

Habitèrent également dans cet édifice exceptionnel par sa fonction et son ancienneté les tabellions et sergents royaux. Ces hommes de lois étaient nécessaires à la tenue des assises de fief, ils faisaient fonction de sénéchal, de procureur fiscal et de greffier. Certains furent procureurs de fabrique de l’église c’est-à-dire qu’ils eurent en charge l’administration financière de la paroisse.

En 1657, Michel Richer, curé de la paroisse est assassiné par Urbain Le Peltier, sieur du Petit Verger. Le drame semble lié au procès qui les oppose de longue date et à l’auditoire le bailli procède à l’interrogation des témoins.
L’auditoire est transformé au XVIIe siècle en deux auberges, La Boule d’Or et la Croix Verte. Aux XIXe et XXe siècles l’édifice est devenu la forge du maréchal-ferrant jusqu’en 1960.
Inhabité depuis les années 1970 la demeure était totalement abandonnée et livrée au pillage.