Izé

Eglise Saint-Pierre-et-Saint-Paul

Selon une enquête de l’évêché en 1864,  « l’église d’Izé, dès avant la première
révolution, reconnaissait St Pierre et St Paul pour titulaires et Patrons.
Brûlée, ainsi que ses archives, pendant la tourmente révolutionnaire, elle a
été rebâtie au commencement du XIXe siècle, et de nouveau bénie sous
le patronage des mêmes apôtres ».

Depuis au moins 989 l’église d’Izé appartient à l’abbaye d’Evron. On en a confirmation par un document de 1125 et par deux bulles papales de 1144 et 1157.           

Les Archives du Maine nous apprennent qu’en 1336 Pierre d’Izé, prêtre et médecin, est témoin au procès de Gervais de Grazay et de ses fils, accusés du meurtre de Jean Cardin.

Le 17 août 1619 Remondin de la Mairerie acquiert de François de Vaucelles « la détemption, occupation et fondation de la chapelle de Cordouen, située en l’église d’Izé et s’appelant la chapelle de Sainte-Croix. »

L’histoire des desservants de la cure est intéressante. Jean Chaillou, est destitué en 1667, non pas tant pour « incapacité » que parce qu’il ne suivait pas les recommandations de l’Eglise. En 1679 on peut suspecter le curé Jacques Bachelot, d’avoir des sympathies protestantes … A la mort du curé Nicolas Ory (1694-1720), une bibliothèque très considérable fut vendue avec ses meubles, le 19 juillet 1720. Parmi ses livres  se trouvaient les œuvres de saint Augustin, édition des Bénédictins, qui furent achetées 245 livres par Jean-Baptiste Nourry, prêtre à Hambers.

Vers 1682,  le cimetière d’Izé devint insuffisant pendant une épidémie qui ravagea cette paroisse et une demoiselle Perrine Tirot donna à la fabrique un terrain destiné à suppléer le cimetière. Cette donation fut faite à titre gratuit puisqu’elle portait la condition expresse que la donatrice et ses héritiers jouiraient d’un banc de deux places dans l’église, et que la demoiselle Tirot serait recommandée comme bienfaitrice tous les dimanches au prône de la messe. Après l’épidémie le cimetière autour de l’église redevint le cimetière commun.

Le 12 septembre 1727 Catherine Bellanger du Quesnay, femme de François Allaire, chirurgien à Izé, lègue 60 livres pour aider à refaire l’autel de Sainte-Anne.

Pierre Renouard est installé curé le 22 janvier 1783. Il avait des idées qui devaient lui faire admettre la Révolution. Il prêta serment à la constitution civile du clergé avec enthousiasme, mais prétendit garder son bénéfice et ses privilèges. Il est obligé de quitter Izé à la suite d’une pétition de 20 citoyens. Il se rend au Mans, abjure la prêtrise le 21 janvier 1794, obtient une place de greffier et se qualifie le 8 avril « chapelain secrétaire-greffier.»

Des curés réfractaires refusèrent d’accepter le Concordat de 1801 et constituèrent avec des fidèles peu nombreux une église anti-concordataire appelée « petite église ». Elle dura jusqu’au début du XX° siècle.

Avant la nomination de Jacques Teillay, 1803, François-Pierre Barier, « prêtre catholique », exerce le ministère « avec la permission des supérieurs ecclésiastiques et catholiques » et tient les registres depuis le 30 août 1801.

En 1811, lors de la restauration de l’église avec adjonction d’une tour en façade, la cloche de la chapelle Saint-André fut prise par les paroissiens pour leur usage,  mais ils eurent soin d’en enlever au burin une longue inscription, sans doute à cause des titres nobiliaires ou féodaux qu’elle contenait. On reconstruit aussi le presbytère, en 1815, à quelque distance de l’église. Ce dernier sera encore agrandi en 1865-70 par M. Leclerc, architecte à Mayenne. On fera encore des travaux à l’église en 1874 pour une tribune « où les enfants devaient assister aux offices du dimanche », en 1888 pour les plafonds de l’église, en 1891 pour le portail du presbytère; en 1887 on signale une statue du Sacré-Cœur.           

Le 8 février 1906, lors de l’inventaire des biens du clergé, avec assistance du maire, quelques fidèles priaient dans l’église. En 1831, l’église et le presbytère avaient déjà été déclarés biens communaux.

Le dimanche 26 avril 2009, le reliquaire du cœur du chevalier Jean de Vaucelles a été replacé dans l’église. Il pouvait avoir une vingtaine d’années lorsqu’il mourut à la guerre en 1583 en Dauphiné. Il était le fils de Pierre de Vaucelles et de Renée de Bidoux.

Tempête du 13 décembre 1978 et vitrail de la Résurrection

Le 13 décembre 1978 à 15 h 53, une violente tornade a ravagé en quelques secondes une partie du bourg d’Izé, dont l’église.

Il  faudra moins d’un an pour effacer ce coup de vent dévastateur. Le père Fauveau, curé de la paroisse, récolta 1,2 M de francs. Le 13 juillet 1980 l’église est à  nouveau debout et le 8 octobre 1981 c’est la pose du vitrail de la Résurrection. Le maître verrier Van Guy  avait dit au père Fauveau : “ Bien évidemment, toute ressemblance des soldats avec des personnes existantes ou ayant existé ne saurait être que fortuite…” L’un des premiers visiteurs faisait remarquer : “ Mais c’est la tête de Marchais ! Et de Mitterrand ! “

Pendant les travaux de reconstruction de l’église on a dit la messe dans un bâtiment appartenant à l’ancien cordonnier Maurice Raison.

Vitraux et
statues

Vitraux de Van Guy, 1980: N.-D. de Fatima, Ste Thérèse de Lisieux ; St Martin, Ste Bernadette Soubirous, St Jean-Marie Vianney, curé d’Ars.

Chapelle de gauche : Vitrail du Sacré-Cœur et statues de Ste Barbe et de Ste Anne (XVIIe S.) et monument aux morts daté 1924.

Chapelle de droite:
Vitrail de St Joseph et l’Enfant Jésus.
Oeuvres d’Hucher et fils succ. Fab.du
Carmel du Mans. Statues du Sacré-Cœur bénissant et des saints Pierre et Paul.

Chœur, à gauche : Vierge reine; à droite:
St Joseph.