Saint-Martin-de-Connée

Eglise Saint-Martin

XIIIe XVe siècle

La dédicace à St Martin est l’indice d’une fondation très ancienne.

Vers le Xe siècle, une chapelle remplace un
oratoire. Le chevet droit, qui est la Chapelle Ste Barbe, est la partie la plus
ancienne de l’église : XIIIe s. Elle a été diminuée de moitié
dans le sens de la largeur à la construction du chœur actuel. La plus grande
partie de l’édifice a été bâtie  dès le
XIVe, XVe siècle au plus tard, sur un cimetière du haut
Moyen Age. La preuve en est dans ces cercueils de pierre découverts en
1847 à la suppression du vieux cimetière. En nivelant le terrain, on s’aperçut
que le mur de la façade de la grande nef était sans fondation et se trouvait
assis seulement sur quelques cercueils de pierre de roussard. On en a trouvé
trois sous le seuil de la porte principale : ces cercueils dépassaient le
mur en dehors et en dedans de l’église, ce qui montre bien que l’on avait bâti
postérieurement sur le cimetière afin de proportionner l’église aux besoins des
habitants. L’architecture entrait pour bien peu dans ces constructions
successives, se rajoutant les unes aux autres, d’après les besoins de la
population, beaucoup plus que d’après un plan artistique.

Deux pierres tombales en granit ont été réutilisées comme
matériau de construction à la base du mur septentrional qui est la Chapelle des ouvriers des
forges d’Orthe.

Le Grand Chemin Montais ou Via Sancti Michaelis ( cette
désignation apparaît dès le XIIe siècle, dans le cartulaire de
l’Abbayette, prieuré du Mont-Saint-Michel, fondé en 992 à La Dorée), arrive au chevet de
l’église.

Sur l’un des contreforts du chevet on trouve deux écussons
avec la date de 1567, qui est une probable restauration après le passage des
huguenots et la lettre M  qui est
l’initiale de Louis de Monceau, prêtre de l’époque.

Les fenêtres du chœur ont été bouchées en 1699 afin  d’y adosser le maître-autel donné par Pierre
Charlot, chirurgien au bourg de Connée et procureur de fabrique. Ce dernier a
été inhumé dans l’église le 07/02/1700.

Une ordonnance de mars 1776 finit par interdire l’inhumation
dans les églises, à l’exception des religieux.

La porte d’accès à l’ancien cimetière a probablement été
murée lorsque sa fonction a disparu. On peut voir à cette «  porte des
morts »  une valeur symbolique : le défunt entre avec honneur
par le portail et sort en signe d’humilité par cette petite porte.

Le clocher actuel en granit d’Orthe et haut de 4O mètres a
été construit en 189O d’après les plans d’Eugène Hawke, architecte
départemental qui exerçait un quasi monopole car sa renommée était grande à la
suite de la construction de la basilique Notre-Dame de Pontmain dont il avait
dressé les plans.

Malheureusement, la seconde moitié du XIXe siècle
fut en Mayenne une période d’intense reconstruction d’églises (35 %).

Les anciennes cloches datant de 1571 et 1674 ont été
fondues. On y lisait les inscriptions suivantes :

« Nous fumes faictes pour cervir diueu
Sancte Martine ora  pro nobis, 1674. »

L’église a été classée Monument Historique
le 5 mai 1969

DESCRIPTION SUCCINTE

I  Les Peintures Murales, XVe-XVIe siècle., côté Nord, classées M. H. en 1910.

Nef
centrale
 : peintures de gauche à droite.

Supplice de St Jean à la Porte Latine.

L’évangéliste est ébouillanté
dans de l’huile.

St André : la tête du saint a disparu car la hauteur
de la nef a été réduite. St Jacques le Majeur : en pèlerin, long manteau,
coiffé du grand chapeau, bourdon dans la main droite. St Céneré et St
Cénery : deux saints locaux, frères, en relation avec la proximité de la
source de l’Erve.                            

Chœur.

Registre supérieur : St Georges et le Dragon.
Scène animalière, deux évêques. Sainte femme lisant un livre.

Registre inférieur : Le martyre de St Blaise.

Bas-côté.

 St Christophe St
Michel pesant les âmes.

Ste Marguerite. Ste Apollonie. St Laurent. Vierge à
l’Enfant.

Chapelle
Ste Barbe
.

Martyre de Ste Corona. Evêque.
Tête d’ange. Chevalier. Martyre de Ste Catherine. Fenêtre royale avec portrait
de donateurs supposés.

II   Peintures sur bois  XVeXVIeS., côté Nord.

               Vie et
Martyre de Ste Barbe. M. H. 1908.

En 1493 une représentation du Mystère de Ste Barbe fut
donnée pendant six jours à Laval et a pu inspirer la décoration de cette
chapelle au même titre que la
Légende Dorée de Jacques de Voragine. Ces peintures qui
racontent aujourd’hui douze des principales scènes de la Vie et du Martyre de Ste Barbe
comprenaient dix-huit panneaux. Elles ont cependant toujours été entretenues
car la Confrérie
de Ste Barbe était très importante à Saint-Martin  de Connée en raison des forges qui y
existaient.

III    Retables.

Ils sont l’œuvre de François Langlois (1644-1706)  maître-architecte, demeurant paroisse Saint
Vénérand à Laval et remplacent un mobilier plus ancien donné ou enrichi par le
curé Caillard  comme l’attestent ses
notes dans les marges du registre paroissial pour les années 1603-1605.

Le Maître-Autel donné par Pierre Charlot en 1699. Il est
décoré par une Adoration des Bergers peinte par Charles Dufresne de Postel,
peintre d’Argentan (Nantes vers 1635-Argentan 1711).                                                                                                                                    

L’autel Ste Barbe : a été donné par Pierre Charlot et
Jacquine Ménasge son épouse en 1699. La statue de la sainte pourrait être de
l’atelier d’Etienne Doudieux (Le Mans 1638-1706).

Au-dessus de l’autel un 
médaillon représente St Jacques.

L’autel St Sébastien : date de 1701, donné par Jacquine
Ménasge. La statue du saint pourrait être celle donnée par l’abbé Caillard
entre 1626 et 1635

Au-dessus de l’autel un médaillon représente St Denis.

Ces autels ont été classés Monuments Historiques en 1910.
Ils entrent tout à fait dans la tradition des maîtres rétabliers du Maine ou d’artistes
« potiers » comme les Dionise ou Charles Hoyau.

L’Autel de la
Vierge et son tableau votif ont été donnés en1781 par Jeanne
Le Plat de Quinçay inhumée près de l’autel. On y voit Mgr François-Gaspard de
Jouffroy-Gonssans, évêque du Mans de 1778 à 1799, présentant à la Vierge demoiselle
Jeanne-Ténestine de  Blanchardon. Il est
signé J.L. Inv. et se trouve au centre d’un retable latéral, côté sud.

IV        Statuaire.

La Vierge aux Anges (M.H.
1908).

Vierge à l’Enfant, bois peint en
blanc.

St Jacques (M.H. 1908).

St Eloi, bois  polychrome (M.H. 1908). La statue était
placée dans la Chapelle
des Forgerons où les ouvriers des forges d’Orthe assistaient à la messe.

V       M. le Curé Bienheureux Jacques Burin.

Une plaque commémorative fait état de l’identification le 17
février 1846 des restes précieux de Monsieur l’abbé Jacques Burin né à
Champfleur (Sarthe) le 6 janvier 1756, curé de St Martin-de-Connée
1787-1794.Tué par les ennemis de la Religion Catholique
au Petit-Coudray de Champgenéteux le 17 octobre 1794. Béatifié le 19 juin 1955.

La châsse se trouve à la Chapelle du Chêne.

VI        Les vitraux.

Bas-côté Nord :

      Vitrail de Ste
Barbe, 1920.

      Vitrail de Ste
Jeanne d’Arc, 1989.

Bas-côté Sud :

      Vitrail du Père
Burin, 1934-1935.

Avec l’inscription suivante :

« Pour le perpétuel souvenir de l’héroïque apostolat et la mort glorieuse de Monseigneur Jacques Burin, curé de Connée tombé sous les balles des impies, le 17 octobre 1794. »

« Ce vitrail a été posé par les soins de M. le curé Elie Ledain et du père Louis Pottier s.j. enfant de la paroisse, l’an de grâce 1934-5.A. Maume Jean fecit. »