Saint-Pierre-sur-Orthe

Eglise Saint-Pierre

Anciennement Saint-Pierre-de-la-Cour.

Entre
1190 et 1199, l’évêque du Mans Hamelin donne le patronage et les revenus de
l’église de Saint-Pierre-de-la-Cour à l’abbaye de Champagne « pour la
guérison de son âme. » Mais, en 1235, les moines de cette abbaye
cistercienne fondée en 1188, cèdent, on ne sait
à qui, l’église et ses revenus contre une rente annuelle de 7 livres mansaises,
payable par moitié à l’Ascension et à la Toussaint.               

Raoul
en est le premier curé connu entre 1184 et 1187.

Pendant
la guerre de Cent Ans, en 1405, Berthelot Hubert et sa femme volent les vases
sacrés des églises de Saint-Pierre-de-la-Cour, Saint-Martin-de-Connée et de
Vimarcé. Durant cette période troublée les habitants assuraient leur
tranquillité en versant un impôt de guerre aux Anglais : l’appatis.

Sous François Ier,  la paix revenue, Magdeleine de Chources, dame d’Orthe offre à l’église des lambris qui, au cours des âges, seront plusieurs fois rénovés ou renouvelés, (1745, 1756, 1842 et 1892).

Les
pèlerinages reprennent nombreux, en particulier celui du Mont-Saint-Michel, sur
le chemin duquel se trouve Saint-Pierre, car il n’est plus nécessaire de
demander des laissez-passer à l’occupant, comme pendant la Guerre de Cent Ans. Plus
tard, Louis XIV sera même obligé d’édicter un règlement de pèlerinage qui
condamnera les faux pèlerins. Sur leur chemin les auberges de la Boule d’Or et de la Croix Verte,
installées dans l’ancienne cour de justice, pouvaient les réconforter. 

En
1592-93, Saint-Pierre-de-la-Cour héberge des gens d’armes « par le
commandement de M. de la
Poyssonnière » ; le 12 février 1592 c’est le Prince
de Conti qui y cantonne une semaine et les troupes anglaises transforment
l’église en caserne « pour l’espace de troys semaines et plus ».

Après
le temps des destructions, le XVII° siècle a été celui de la dévotion, de la
ferveur et de la conversion des âmes. Le clergé se  rapproche des fidèles, vit dans la paroisse
et diffuse largement par le catéchisme, qu’il enseigne, et les retables qu’il
commandite, les enseignements du concile de Trente (1545-63).

Le
culte des saints conforte le fidèle dans sa croyance ; les autels se
multiplient : de l’autel de St Fiacre en 1627, à ceux de St Hubert, St
Julien et de la Vierge
en 1738-39, sans compter les restaurations et enjolivements. En 1702 une statue
de la Vierge
est redorée aux frais du sieur Honoré. Une cloche est offerte par Moreau, une
autre le sera par Asselin en 1723.

En
1621 le curé Pierre Salmon (1609-1633) et Etienne André, procureur de fabrique,
font reconstruire le petit cimetière et le Ballet, abri sous lequel on perçoit
la dîme et où l’on délibère sur les affaires publiques.

A
la suite de la création en 1624 de la confrérie du Rosaire, Jean Duhay peint,
en 1627, un tableau pour le retable de cette confrérie, coût : 127 livres et 10 sols.
Aussitôt une procession, chaque premier dimanche du mois, après vêpres, est
fondée sur des biens sis à la
Séberdière. Le tableau sera repeint en 1745 par Claude
Bouchard, qui fournira aussi des statues pour 253 livres. L’inventaire
des biens de l’Eglise, le 6 mars 1906, constatera que le tableau est
« détérioré ».

On
fonde également en 1627 les confréries de « Madame Sainte Barbe » et
des Trépassés. Les fréquentes intempéries font tant de victimes qu’en 1616,
après avoir exposé les reliques, il faut enterrer aux Noës Rondes et que l’on
y  fonde un calvaire.

Michel
Richer, curé depuis 1638, est assassiné en décembre 1657 par Urbain Le
Pelletier, sieur du Verger. Le drame est probablement lié au procès qui les
oppose de longue date.

En 1779 « le temporel de la fabrique était assez fort ». Peu avant la Révolution,  « voyant grossir l’orage », elle se hâte de faire construire le bas-côté nord, avec trois fenêtres parallèles à celles du côté du midi. En 1791 encore, sur décision du conseil municipal, la fabrique paye 2450 livres pour la réfection du grand autel et 424 pour celui du Rosaire. Plus tard, pendant la Terreur, l’église n’est pas vendue mais seulement transformée en Temple de la Raison et abrite les délibérations municipales. L’inventaire des biens de l’église est fait le 30 messidor, an II de la République, soit le 18 juillet 1794 ; et, du 22 juillet au 2 août 1794, des objets des cures et des fabriques de 37 églises du district, dont celles de St Pierre, sont vendus nationalement à Evron. Le mobilier sera progressivement reconstitué au XIX° S.

DESCRIPTION SUCCINTE.

I CHOEUR

  Stalles du chœur, bois sculpté,

          Première moitié du XVII° s
.Classées M.H. en 1910.

          Statues en plâtre XIX° S.

                        St Joseph                                         St Paul

St Pierre                                           St François d’Assise et sur côté :
                                                          St Antoine de Padoue.

Ste Jeanne d’Arc                             Vierge de Pontmain

Bas de nef : St J.-B. Vianney, curé d’Ars      Ste Thérèse de Lisieux

II BAS-COTE GAUCHE

Retable de Ste Anne et de la Vierge.

Terre cuite polychrome XVIII° S.

A droite de l’autel : Statue de St Sébastien, terre cuite
polychrome, fournie par Claude Bouchard, 1745.

A droite, en
hauteur : niche avec Saint Evêque, terre cuite polychrome.

 
Retable de St Julien.

 Fait par Guillaume Bigot et Jean Ennaud, 1738.

 Terre cuite polychrome fournie par Claude
Bouchard, sculpteur du Mans, 1745. 
Menuisier : Pierre David, de Sillé.

Au sommet du
retable : 2 martyres dont la palme manque. Terres cuites polychromes,
XVIII° S.

Vitrail d’A. Echivard, Le Mans,
1905 : « Saint Julien premier apôtre du Mans ressuscite en cette
ville le fils d’un notable nommé Anastase. »

 
Monument aux morts :

Tableau signé : Madeleine Bidon, avec liste des morts pour la France. Erigé durant la cure de P. Louvel.

III BAS-COTE DROIT

Retable du
Rosaire.

          Œuvre du peintre parisien Jean
Duhay, 1627, construction et peinture.
Classé M. H. en 1910.

          Retable sommé par les statues de
St Roch et de St Denis.

Traduction :
La Vierge
donnera au ciel de nombreuses roses à celui qui lui récitera sur terre de
petits rosaires.

Retable de St
Pierre.

      Statue moderne, 1864,  par Foubert, sculpteur à Sillé-le-Guillaume.

Vitrail d’A.
Echivard, Le Mans, 1905 : « Je te donnerai les clefs du royaume des
Cieux. »

      Fonts baptismaux, (dont les grilles datent
de 1850), où furent baptisés, le 13 octobre 1743 le Bienheureux Jacques André,
né à Origné et l’un des 14 prêtres martyrs de Laval le 21 janvier 1794 ;
et,  le 8 février 1829, Mgr Vital-Justin
Grandin, né au Pélican. (8 février 1829-3 juin1902).

      Vierge à l’Enfant, en chêne.

IV NEF

La nef est
éclairée par 8 luminaires ; 6 sont en cuivre et 2 en laiton.

Au bas de
l’allée centrale 2 bénitiers en marbre noir, en forme de « canon »,
et un petit, de marbre noir aussi, à l’entrée latérale.

Christ bois
polychrome fin XVIIe– début XVIIIe découvert en 2004 dans
les greniers de la mairie par l’association. Classé M.H. le 3.XII.2008 et posé
fin octobre 2009 au-dessus de l’ancienne chaire.