Vimarcé

L’EGLISE SAINT JEAN-BAPTISTE  DE VIMARCE

Pendant la Guerre de Cent Ans, les Anglais restèrent les maîtres du pays pendant 23 ans, de 1425 à 1448. Leur garnison comprenait 30 lanciers à cheval, 10 lanciers à pied et 120 archers. C’est ainsi que la paroisse dut, au moins à deux reprises, en 1433 et 1434,  prendre des sauvegardes appelées « appatis », pour se protéger des méfaits des lieutenants du comte d’Arundel qui assiégea Grillemont en 1433. Ce qui n’empêcha pas que certains bancs de l’église furent rompus en 1434.Les vases sacrés de l’église avaient déjà été volés en 1405.

Après la Guerre de Cent Ans, l’essor de la population s’accompagna de l’obligation d’agrandir les églises par la construction de chapelles latérales.

En 1547 François Le Vexel offre une cloche à l’église.

En 1555, Jacques Guittet étant curé, Pierre Cosnard, maçon, reçoit 70 livres pour la chapelle Notre-Dame et l’ « élargissement » de l’église. Il utilise pour la construction de la chaux qui provient en partie du four de Monthoudon. Plus tard, en 1569, Jacques Sergeul, menuisier, est payé 82 livres pour la voûte en lambris du bas-côté et de la chapelle Notre-Dame.  Le retable offert depuis peu par François Le Vexel, seigneur du Tertre et Louise du Bellay, son épouse, a dû être démonté et caché en 1562 pour le soustraire aux dommages de guerre. Il n’a retrouvé sa place qu’en 1568, une fois la menace iconoclaste passée. Antoine Bichon,  peintre et fils de Christophe, pourrait avoir participé à la remise en ordre de l’église après les troubles des guerres de religion.

En 1569 l’autel de Ste-Barbe est édifié en action de grâce, celui de St-Sébastien en 1598 et celui de St-Julien, adossé a un pilier, en 1654.Ces dédicaces n’ont pas été choisies au hasard : pendant et après les guerres de Religion, Barbe était invoquée par ceux qui couraient le risque de mort subite ; Sébastien, lui, avait survécu à sa Sagittation et Julien est le saint patron du diocèse. En 1572 le curé Pierre Lebrun rachète au Mans des ornements liturgiques.

En 1634 un nouveau cimetière est construit autour de l’église par le curé Marin Grandin (1614-1638). Il a été inhumé dans l’église, le 23 juin 1638 «  mort depuis quatre jours et gardé pour quelque considération ».

En 1656 le vitrail du grand autel représentant St Jean-Baptiste, endommagé par le vent et déjà réparé par un  vitrier de Sillé en 1581, est muré.

En 1700 le curé Michel Estard de Malleville refait le maître-autel et on l’accuse d’y avoir employé les pierres tombales de la famille Vallée et de Messire de Broc, seigneur du Tertre. En 1758 une nouvelle chaire remplace l’ancienne.

Avec le renouveau religieux du XVII° S. on voit se créer de nombreuses confréries comme celles du Scapulaire  (1667), avec procession au champ de la Jusseaumerie, «  le grand dimanche » (celui le plus près du 15 juillet), et celle de N.-D. du Mont-Carmel (1667) et aussi celle du Saint-Sacrement (1679).

En 1791 Pierre Charrier de Fléchac (1780-91/1803-17)  prête, avec son vicaire François Hellouin, serment avec restrictions. Sur dénonciation du curé constitutionnel Jean Locard, installé fin septembre 1791, il est obligé de quitter sa cure dès le 27 septembre 1791, pour l’exil. Réinstallé le 11 mai 1803, il ne se retire qu’en 1817 auprès de son parent Mgr Charrier de la Roche, évêque de Versailles qui l’y nomme chanoine. Lors de la vente des biens de la cure à Evron, le 14 juillet 1791, son temporel était estimé à 7800 livres. Jean Locard, lui, se retira en Normandie, son pays natal, en juin 1794,  pendant la Terreur.

Après la constitution civile du clergé (1790), la paroisse de Vimarcé a abrité des prêtres réfractaires et en 1794, pendant la Terreur, Grillemont a ainsi servi de cachette à plusieurs ecclésiastiques persécutés.

Après la Révolution, comme beaucoup d’autres paroisses, Vimarcé dut relever l’église et la pourvoir de nouveaux objets de culte, tout au long du XIX° siècle. Demande est faite en 1831 de la création d’un poste de vicaire (obtenu seulement en 1888) ; quasi simultanément (en 1839), le conseil de fabrique vote un crédit de 2200 f pour l’agrandissement de l’église. En 1843 Mgr Bouvier, évêque du Mans, (création de l’évêché de Laval en 1855 seulement), fait une visite pastorale pour guider et encourager ce renouveau paroissial ; de nouveaux travaux ont lieu à l’initiative du curé Lecouturier en 1845, puis d’autres encore en 1865 (7000 f), 1871 (300 f) et 1874 (3619,41 f). En 1865/66 le montant de la dépense est particulièrement important : il s’agit de remplacer l’ancien clocher qui menace ruine. Mgr Wicart, premier évêque de Laval, agrée pour ces travaux l’architecte départemental Pierre-Aimé Renous.

Au XX° siècle les travaux d’entretien, même lourds, se succèdent (1884, 1890, 1894 et 1909).

Le 19 septembre 1954, M. d’Aboville et Mme Huet sont parrain et marraine d’une cloche, nouvelle, de l’église.

Vers 1960, Jean d’Aboville, maire, remplace par un vitrail trinitaire la rosace du chœur dont le médaillon représentant St Jean-Baptiste prend place au dessus de la tribune.

En 1987/8 le retable est restauré par M. Didier Groux. En 1996 maître Guillemot refait les vitraux. Les travaux de M. Groux ont permis de rendre son apparence d’origine au magnifique retable offert vers 1560 par François Le Vexel, seigneur du Tertre.

En 2002, la nef principale retrouve une belle voûte en coque de bateau, œuvre de M. Leduc. En 2007 la municipalité fait refaire le plancher des bancs de la nef.

DESCRIPTION SUCCINTE

I  CHŒUR

St Joseph                                                        St Jean-Baptiste

St Pierre                                                         St Evêque                          Statues en plâtre, XIX° S.

II  BAS-COTE GAUCHE

En montant vers le
chœur :

Baptistère à 2 vasques XV° S.

Ste Jeanne
d’Arc

Vierge de
Pontmain          St François à l’Enfant
Jésus avec lys : 3 statues en plâtre du XIX° S.

Le Christ qui provient de la
chapelle Saint-Michel des Jésuites de Laval et a été offert à l’église par M.
d’Aboville vers 1960/65. Jusqu’en 2007 il se trouvait devant le vitrail
trinitaire.

              Retable du Sacré Cœur, XVIII° S., avec à son sommet 1
statue de St Sébastien ( en bois polychrome ).

A droite du
retable, et de haut en bas :

              l Petite statue de St Jean-Baptiste

              l Crucifixion, après 1392. Avec, à gauche, agenouillé,
Guillaume Le Touzé, physicien du roi Charles VI.

              l Epitaphe : 

« Ci dessouz gesent feu Macé Letousé et Johanne de Villeoysel,  sa  fame et Jehan Letousé, leur filz, et Johanne de Courbéhier, sa fame, lequel Jehan trepassa l’an M. CCC. LIIII et sa dite fame trepassa l’an M. CCC XXXV ;
et fut leur fils mestre Guillaume Letousé, jadis phisicien du roi et chanoine des deux églises du Mans, lesquelx firent moult de biens à ceste église. Priez pour eux et pour tous autres. »

 III  BAS-COTE  DROIT

En montant vers le chœur :                                                                                    Dans
la chapelle Notre-Dame :

Baptistère moderne.   
                                                                        Petite Vierge dorée, provenant du
presbytère.

          Ste Anne et la Vierge

          Ste Thérèse
de l’Enfant Jésus: 2 statues en plâtre, XIX° S.

Retable de la Nativité, XVI° S.

              François Le Vexel, seigneur du
Tertre, est le donateur de ce retable.

  Sa réalisation se
situe au moment de la construction de la chapelle Notre-Dame sur l’emplacement
d’un ancien cimetière : entre 1555 et 1562. Démonté en 1562, il n’a
retrouvé sa place, après restaurations, qu’en 1568.

  Fin XVIII° S. ses
armoiries furent bûchées, et l’autel lui-même fut habillé de bois.

Ce n’est qu’en 1987/88, lors de sa restauration engagée
par la municipalité,
qu’il recouvra son aspect originel grâce à M. Groux,
et que, du bois qui le masquait, M. Deumier fit l’autel qui se voit en avant du
chœur.

 Lors de ces travaux, devant l’autel, on
découvrit l’existence de 3 tombes
, d’époques différentes et contenant
d’assez nombreux ossements. Certains parés encore d’ornements religieux,
pourraient être ceux du curé Marin Grandin, mort le 19 juin 1638 et enterré
seulement le 23, car il avait été « gardé pour quelque
considération. » A ses côtés on trouva une pièce, datée 1631, à l’effigie
de Louis XIII.

Quant au retable de la Nativité lui-même, il
comporte deux parties bien distinctes : les scènes de la Nativité et, au niveau
supérieur, 3 niches avec Ste Anne, la
Vierge et un saint évêque.

              Nativité.
Pierre et terre cuite polychrome. De droite à gauche :

l  L’Annonce aux
bergers              l  La Nativité                   l  L’Adoration des Mages.

On dit que François Le Vexel se serait fait représenter,
agenouillé, dans l’Adoration des Mages.

              Statues. Matériaux divers.

  Ste Anne [et la Vierge] : tête en
bois, torse en plâtre, partie inf. : terre cuite, socle: fragment de dalle
funéraire.

              Vierge à l’Enfant : terre cuite.                        Evêque : plâtre.

Deux monnaies d’Henri IV (1608 et 1610) ont été retrouvées en 1987/88 à l’arrière du retable.

Monument
funéraire XIVe (1354)de Guillaume Letousé, chanoine du
Mans et de sa famille :

Guillaume
Le Touzé, chanoine de Saint-Julien et de Saint-Pierre du Mans […] est représenté
à genoux aux pieds de la Vierge dans le monument qu’il fit placer sur le
tombeau de son père et de sa mère, Jean Le Touzé et Jeanne de Courbehier, de
ses aïeul et aïeule Jean Le Touzé et Jeanne de Villoiseau, dans l’église de
Vimarcé.

Ci dessous gesit feu Macé Letouse et Johe de Villeoysel sa fae
et Jehan Letouse leur fils et Jeah de Courbehier sa fae ; lequel Jeha trépassa la mil ccc : luy : et sa dite fae trépassa la m : ccc xxx v : et fu leur fils mestre Guille Letouse jadis phisicie du roy et chanoine des ii église du Mas lesqex fist mlt de bns a ceste église : priez pour eux et tous auts.

(Lechat, 153 °). (Inscription répertoriée dans S.A.H.M. , 1890, Tome II ).

Inscription transcrite comme
dessous par  l’abbé Angot :

« Ci dessouz gesent feu Macé Letousé et Johanne de Villeoysel,  sa  fame et Jehan Letousé, leur filz, et Johanne de Courbéhier, sa fame, lequel Jehan trepassa l’an M. CCC. LIIII et sa dite fame trepassa l’an M. CCC XXXV ;
et fut leur fils mestre Guillaume Letousé, jadis phisicien du roi et chanoine des deux églises du Mans, lesquelx  firent moult de biens à ceste église. Priez pour eux et pour tous autres. »